Analyse des investissements dans la construction pour le T1 2024 : Tendances et perspectives

L’industrie de la construction est un élément vital de l’économie canadienne, reflétant la santé économique globale et stimulant la croissance grâce à des investissements significatifs dans les nouvelles constructions et les rénovations. Cet article vise à analyser et comparer les tendances d’investissement dans l’industrie canadienne de la construction pour le premier trimestre 2024, en les comparant au trimestre précédent (T4 2023) et au même trimestre de l’année précédente (T1 2023). En examinant les investissements résidentiels et non résidentiels dans les nouvelles constructions et les rénovations, cette analyse fournit des informations précieuses pour les parties prenantes de l’industrie.

Section 1 : Investissements résidentiels et non résidentiels totaux

Cette section offre une comparaison complète des investissements totaux dans les nouvelles constructions et les rénovations pour le T4 2023 et le T1 2024, puis pour le T1 2023 et le T1 2024..

T4 2023 vs. T1 2024

Pour comprendre les tendances récentes et les changements du marché, nous devons comparer les investissements résidentiels et non résidentiels combinés entre ces deux trimestres.

Au T4 2023, l’investissement total dans les nouvelles constructions (résidentielles + non résidentielles) était de 10,49 milliards de CAD, tandis que les rénovations totalisaient 8,78 milliards de CAD. Cependant, au T1 2024, ces chiffres ont diminué pour atteindre 8,83 milliards de CAD pour les nouvelles constructions et 7,46 milliards de CAD pour les rénovations. Cette baisse peut être attribuée à des facteurs saisonniers et à des incertitudes économiques impactant la confiance et les dépenses des consommateurs.

Les investissements combinés dans les nouvelles constructions résidentielles et non résidentielles ont diminué d’environ 15,8 % du T4 2023 au T1 2024. De même, les investissements combinés dans les rénovations ont chuté d’environ 15 %. Ces baisses significatives reflètent la prudence économique générale au début de 2024.

Le déclin des investissements dans les nouvelles constructions et les rénovations peut également être lié à des facteurs économiques externes tels que l’inflation et les taux d’intérêt, qui influencent souvent la volonté des consommateurs et des entreprises d’investir dans de nouveaux projets et des améliorations immobilières. La baisse du T4 au T1 n’est pas inhabituelle en raison des températures plus froides au T1, qui ralentissent généralement les activités de construction. Cependant, la forte baisse suggère que d’autres facteurs, tels que l’incertitude économique, ont joué un rôle significatif.

T1 2023 vs. T1 2024

Une comparaison d’une année sur l’autre offre une image plus claire des tendances à long terme.

En comparant le T1 2023 au T1 2024, l’investissement total dans les nouvelles constructions (résidentielles + non résidentielles) a légèrement diminué de 9,47 milliards de CAD à 8,83 milliards de CAD. D’autre part, les investissements totaux dans les rénovations (résidentielles + non résidentielles) ont connu une baisse plus notable, passant de 7,46 milliards de CAD à 6,83 milliards de CAD. Cela indique un impact économique plus large affectant à la fois les nouveaux projets et les activités de rénovation.

La comparaison d’une année sur l’autre montre une diminution d’environ 6,8 % des investissements totaux dans les nouvelles constructions et une baisse de 8,4 % des investissements totaux dans les rénovations. Ces chiffres suggèrent que, bien qu’il y ait une demande constante pour les activités de construction, les défis et les incertitudes économiques ont conduit à une réduction des niveaux d’investissement global.

Les conditions économiques au début de 2024 semblent avoir influencé les marchés des nouvelles constructions et des rénovations. Avec les pressions inflationnistes et la hausse des taux d’intérêt, les consommateurs et les entreprises peuvent retarder ou réduire leurs plans de construction. La baisse des investissements d’une année sur l’autre souligne la nécessité pour les parties prenantes d’être prudentes et stratégiques dans leur planification et l’allocation des ressources.

Section 2 : Investissements non résidentiels

Rénovations non résidentielles : T4 2023 vs. T1 2024

Les rénovations non résidentielles ont connu une diminution significative, passant de 3,05 milliards de CAD au T4 2023 à 2,25 milliards de CAD au T1 2024. Cette baisse peut être due au report des rénovations par les entreprises en raison des incertitudes économiques et à une focalisation sur les opérations essentielles. La réduction souligne l’approche prudente adoptée par les entreprises en période d’incertitude économique.

Nouvelles constructions non résidentielles : T1 2023 vs. T1 2024

L’investissement dans les nouvelles constructions non résidentielles a diminué, passant de 2,90 milliards de CAD au T1 2023 à 2,25 milliards de CAD au T1 2024. Le déclin pourrait être attribué à une réduction des expansions commerciales et à des dépenses prudentes en réponse à la volatilité du marché. Les entreprises peuvent retarder de nouveaux projets jusqu’à ce qu’il y ait plus de stabilité économique, reflétant le sentiment économique général.

Section 3 : Investissements résidentiels et mises en chantier

Rénovations résidentielles : T4 2023 vs. T1 2024

Au T4 2023, les rénovations des maisons individuelles ont totalisé 11,96 milliards de CAD, tandis que les rénovations des logements collectifs étaient de 7,27 milliards de CAD. Au T1 2024, ces chiffres ont diminué pour atteindre respectivement 9,81 milliards de CAD et 5,68 milliards de CAD. Cette baisse reflète une réduction des dépenses des propriétaires pour les rénovations pendant les mois d’hiver, une tendance saisonnière courante dans l’industrie de la construction.

Nouvelles constructions résidentielles : T1 2023 vs. T1 2024

D’une année sur l’autre, les investissements dans les nouvelles constructions de maisons individuelles ont diminué, passant de 6,55 milliards de CAD au T1 2023 à 5,79 milliards de CAD au T1 2024. En revanche, les investissements dans les logements collectifs ont augmenté, passant de 11,38 milliards de CAD à 12,09 milliards de CAD, indiquant une préférence croissante pour les solutions de logement à haute densité. Ce changement suggère une préférence croissante pour la vie urbaine et l’utilisation efficace des terres dans les zones métropolitaines.

Analyse des mises en chantier : T1 2024

Selon la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), les mises en chantier en janvier 2024 ont diminué de 10 % par rapport à décembre 2023, mais ont montré une augmentation de 13 % d’une année sur l’autre. Cette augmentation a été principalement motivée par les mises en chantier de logements collectifs, en particulier à Toronto. Cette tendance suggère une préférence croissante pour les développements multi-unités dans les zones urbaines, reflétant la demande de logements abordables et accessibles.

En février 2024, le taux annuel désaisonnalisé (TAD) des mises en chantier a augmenté de 14 % par rapport à janvier 2024, atteignant 253 468 unités. Cette croissance a été largement stimulée par une augmentation des mises en chantier de logements collectifs à Toronto et à Vancouver, indiquant une forte demande de logements urbains. En mars 2024, cependant, le TAD a diminué de 7 % pour atteindre 242 195 unités, mais le nombre réel de mises en chantier est resté 16 % plus élevé d’une année sur l’autre, montrant la résilience du marché du logement malgré les fluctuations mensuelles.

Résumé des points clés

L’analyse des investissements dans la construction pour le T1 2024 révèle plusieurs tendances significatives :

  • Les investissements totaux résidentiels dans les nouvelles constructions et les rénovations ont diminué du T4 2023 au T1 2024, reflétant les tendances saisonnières et les incertitudes économiques.
  • La comparaison d’une année sur l’autre montre une stabilité dans les nouvelles constructions résidentielles et une légère augmentation des rénovations résidentielles, indiquant une demande continue pour les améliorations domiciliaires.
  • Les investissements non résidentiels ont connu une baisse notable tant trimestriellement qu’annuellement, suggérant une prudence accrue dans les dépenses des entreprises.
  • Les données sur les mises en chantier pour le T1 2024 indiquent une forte croissance d’une année sur l’autre, stimulée par les développements multi-unités dans les principaux centres urbains comme Toronto et Vancouver.

L’analyse des investissements dans la construction pour le T1 2024 met en lumière la nature dynamique de l’industrie de la construction et les divers facteurs influençant les tendances d’investissement. Pour les parties prenantes de l’industrie, comprendre ces tendances est crucial pour la planification stratégique et la prise de décisions. Alors que le paysage économique continue d’évoluer, il sera essentiel de surveiller les modèles d’investissement et les mises en chantier pour anticiper les futurs mouvements du marché et les opportunités.

 

 

Tyler Holt est rédacteur en chef du magazine Le monde du bois / Wood Industry. Titulaire d’une maîtrise en littérature et édition, il a plusieurs années d’expérience dans l’industrie de l’édition et des médias numériques. Son principal domaine d’étude concerne l’effet des technologies numériques sur la production industrielle et en réseau.

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