COVID-19 au Canada : une mise à jour sur les répercussions économiques

Carter McCormack

Bien que les Canadiens se soient montrés résilients au cours des différentes vagues de la pandémie de COVID-19, les répercussions directes et non prévisibles de cette dernière continuent de perturber des ménages et des entreprises d’un bout à l’autre du pays. Nombre de Canadiens font toujours état de niveaux élevés de stress et de problèmes accrus de santé mentale, tout particulièrement dans les groupes sociodémographiques qui ont été touchés de façon disproportionnée par les mesures de santé publique.

Le rythme de la reprise économique canadienne a ralenti au cours du premier semestre de 2021, alors que les perturbations dans les chaînes d’approvisionnement et les mesures de santé publique pesaient sur l’activité économique. La production s’est repliée au deuxième trimestre avant de rebondir au troisième trimestre. En septembre 2021, l’emploi est revenu aux niveaux observés avant la pandémie, les restrictions liées à la troisième vague ayant été assouplies. Parallèlement, l’inflation des prix à la consommation a augmenté à un rythme supérieur à celui de la croissance des salaires. La hausse du coût des intrants et les pénuries de main-d’œuvre ont continué d’assombrir les perspectives commerciales.

La COVID-19 au Canada : le point de fin d’année sur les répercussions sociales et économiques est une nouvelle présentation qui se veut un résumé intégré des récents développements au moment où la pandémie sévit toujours. La présentation met en relief les répercussions continues de la pandémie sur la vie des Canadiens sur le plan socioéconomique. Elle actualise et enrichit l’analyse présentée dans La COVID-19 au Canada : le point sur les répercussions sociales et économiques après un an, publié en mars 2021. De plus, elle permet d’explorer les éventuels changements à long terme occasionnés par la pandémie.

Pendant la pandémie, le Canada a subi des changements démographiques qui auront des effets sur la croissance de l’emploi et de la population active. En 2020, la croissance de la population a chuté et s’est établie à des niveaux que l’on n’avait pas vus depuis 75 ans, en bonne partie en raison d’un recul de l’immigration. En effet, en 2020, l’immigration au Canada a atteint un peu plus de la moitié des niveaux visés, tandis que le pays essuyait la plus grande perte nette de résidents temporaires depuis 1972. Cette perte s’explique en grande partie par la baisse observée au chapitre des permis d’étudiant et de travail délivrés. Au deuxième trimestre de 2021, l’immigration était revenue aux niveaux observés en 2019, avant la pandémie, les voyages internationaux ayant augmenté et les restrictions ayant été assouplies.

La production à l’échelle de l’économie canadienne s’est renforcée en juin, lorsque les restrictions liées à la troisième vague ont été assouplies, stimulée par des hausses marquées dans les services d’hébergement et de restauration et dans le commerce de détail. Au cours des mois d’été, des hausses considérables observées dans l’hébergement et les services de restauration ont en grande partie contribué à la croissance de la production, les consommateurs continuant de se tourner vers les dépenses hors domicile. La production a légèrement augmenté en septembre, les hausses enregistrées dans les services et l’extraction d’énergie ayant compensé les baisses observées dans la fabrication et la construction.

Tandis que la production à l’échelle de l’économie canadienne continuait de se redresser, l’emploi s’est raffermi dans la foulée de la levée des restrictions liées à la troisième vague. En septembre 2021, l’emploi total au Canada a retrouvé son niveau affiché avant la pandémie et, en novembre, il était supérieur de 1,0 % aux niveaux observés en février 2020. 

Même si l’emploi global s’est redressé, le chômage de longue durée est resté à des niveaux élevés. En novembre, 318 000 Canadiens étaient en chômage de longue durée, soit plus des trois quarts de plus qu’avant la pandémie. Plus de la moitié de l’augmentation nette du chômage de longue durée s’explique par un chômage plus élevé chez les travailleurs du groupe d’âge principal, principalement attribuable à une hausse chez les hommes du groupe d’âge principal.

À l’instar du chômage de longue durée, le nombre de postes vacants est resté élevé pendant les mois d’été, ce qui laisse croire qu’il existe des disparités entre l’offre et la demande de main-d’œuvre. Le nombre de postes vacants a atteint des niveaux record au deuxième trimestre et a continué d’augmenter de juin à septembre. Le nombre de postes vacants dans les services d’hébergement et de restauration était deux fois plus élevé qu’en 2019. Au quatrième trimestre de 2021, plus de 3 entreprises sur 10 s’attendaient à ce que les pénuries de main-d’œuvre soient un obstacle à court terme.

La hausse du coût des intrants a également assombri les perspectives commerciales du Canada. Au quatrième trimestre, la hausse des coûts liés à la main-d’œuvre, à l’énergie, au capital ou aux matières premières a été désignée comme un obstacle à court terme par plus des deux cinquièmes des entreprises, car les perturbations dans les chaînes d’approvisionnement continuent de toucher différents secteurs de l’économie. L’inflation des prix à la consommation s’est accentuée et s’est accrue au rythme le plus rapide en près de deux décennies, alimentée par la pression à la hausse attribuable à l’essence, aux frais de logement et aux biens durables. Ces derniers mois, l’inflation des prix à la consommation a augmenté à un rythme supérieur à celui de la croissance des salaires, la rémunération horaire moyenne, après correction en fonction des changements survenus dans la composition de la main-d’œuvre pendant la pandémie, ayant augmenté à un rythme plus lent que l’Indice des prix à la consommation. Parallèlement, la hausse soutenue des prix des logements neufs, qui reflète la force de la demande et l’augmentation du coût des intrants, exerce des pressions supplémentaires sur la capacité financière.

Carter McCormack est analyste économique à Statistique Canada, dans la Direction des études analytiques.

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