Écosystèmes forestiers : La science du reboisement en Colombie-Britannique

La reconnaissance des avantages de vivre et de construire avec du bois — de l’esthétique et de la performance au coût et à la durabilité — est de plus en plus répandue dans le monde. Avec l’émergence de nouveaux produits tels que le bois de masse et les biomatériaux, et de nouvelles applications telles que les bâtiments en bois plus hauts et les emballages pour le commerce en ligne, il est de plus en plus important de veiller à ce que les forêts soient gérées de manière durable face à l’évolution des conditions climatiques. En Colombie-Britannique, l’un des plus grands producteurs de produits du bois au monde, cet engagement est illustré par la science, l’infrastructure institutionnelle et les ressources consacrées au reboisement.

Il est essentiel de garantir la capacité de nos écosystèmes à s’adapter à des conditions climatiques en évolution rapide — le carbone séquestré et stocké dans les forêts gérées de façon durable et les produits qu’elles produisent ont un rôle important à jouer dans la lutte contre le changement climatique. Les scientifiques débloquent d’autres outils pour améliorer la résilience des forêts et maximiser le stockage du carbone dans les forêts de la Colombie-Britannique.

Dr. Suzanne Simard, professeur d’écologie forestière à l’Université de la Colombie-Britannique, dirige un projet de recherche novateur sur l’interconnexion des arbres et leur rôle dans la santé et l’adaptation des forêts. Connus sous le nom de « The Mother Tree Project », Dr. Simard et son équipe ont déterminé, grâce à des recherches approfondies sur le terrain, que les arbres sont reliés sous terre par un vaste réseau de connexions fongiques qu’ils utilisent pour partager des ressources et échanger des messages chimiques entre eux.

« Cette recherche représente une grande transformation dans la façon dont nous voyons les forêts — les paradigmes conventionnels de gestion forestière considèrent les arbres comme des individus qui se font concurrence pour la survie du plus fort, et les pratiques de gestion ont été façonnées autour de cette concurrence », partage Dr. Simard. Les pratiques de gestion ont été façonnées en fonction de cette concurrence », explique Dr. Simard. « Cette recherche montre que, même si la concurrence existe, il y a aussi beaucoup de collaboration. Exploiter le pouvoir des arbres-mères pour nourrir et protéger les nouvelles pousses améliore le succès de la régénération et la résilience de l’ensemble de l’écosystème forestier. »

Il a été démontré que ces connexions naturelles ont un impact particulièrement important sur la santé et la régénération des forêts lorsque les arbres sont stressés. Cela a des implications importantes pour la migration assistée — le déplacement délibéré d’espèces d’arbres et de graines/semences vers les sites de plantation qui leur conviendront le mieux dans les climats futurs prévus. Les premiers résultats du projet Mother Tree indiquent que les Mother Trees peuvent améliorer de 20 à 40 % la survie des semis qui ont migré.

Le ministère des Forêts, des Terres, des Opérations sur les ressources naturelles et du Développement rural de la Colombie-Britannique a ajouté cette étude, qui s’étendra sur 100 ans, à sa base de données officielle sur les projets expérimentaux, ce qui signifie que cette recherche continuera d’éclairer les pratiques de reboisement.

« Il n’y a rien de plus fondamental pour la durabilité du secteur forestier de la Colombie-Britannique que notre programme de reboisement », déclare Diane Nicholls, forestière en chef de la province de la Colombie-Britannique. « Notre objectif est de régénérer des forêts résilientes, variables et saines, qui soutiennent toutes les valeurs que la société attend de ses forêts publiques. »

Ces dernières années, le forestier en chef a mis en œuvre des directives de transfert de semences basées sur le climat, introduisant une capacité à faire migrer les semences et les espèces du point d’origine de l’arbre parent en fonction d’informations détaillées sur les prévisions climatiques. Basé sur la migration assistée, ce système est destiné à permettre aux forêts de rattraper un retard d’adaptation et d’améliorer la résilience des forêts face à des conditions climatiques en évolution rapide. Les conditions climatiques futures sont prévues à 15 ans pour les forêts côtières et à 20 ans pour les forêts de l’intérieur, ce qui représente une approche conservatrice du transfert des graines sur un cycle de vie complet d’un arbre.

« Aujourd’hui, chaque arbre planté en Colombie-Britannique est soutenu par la science du changement climatique, » déclare Mme. Nicholls. « Des recherches approfondies éclairent nos décisions sur la sélection des espèces et des semences, alimentées par des écologistes et des généticiens qui étudient la santé et la résilience des arbres dans le cadre d’essais de provenance sur un territoire qui s’étend du sud de la Californie à l’Alaska. »

En mettant l’accent sur la science, l’innovation et la collaboration intersectorielle, la Colombie-Britannique est le chef de file mondial en matière d’adaptation de ses pratiques de régénération forestière afin d’améliorer la résilience des forêts et la capacité de capture du carbone. L’objectif actuel reste le même que celui des gestionnaires forestiers qui ont lancé les programmes de reboisement dans la province il y a près de 100 ans : assurer la santé et la longévité des forêts de la Colombie-Britannique pour les générations futures.

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