La rénovation progresse, le neuf ralentit (T2 2026)
Les dépenses en rénovation ont représenté l’essentiel de la croissance de l’investissement dans la construction résidentielle entre le deuxième trimestre de 2025 et celui de 2026, tandis que l’investissement dans la construction neuve est demeuré essentiellement stable ou a légèrement reculé dans l’ensemble.

Pour l’ensemble des logements individuels et multiples au pays, l’investissement en rénovation est passé d’environ 19,52 milliards de dollars au deuxième trimestre de 2025 à 23,28 milliards de dollars au deuxième trimestre de 2026, soit une hausse d’environ 19 %. L’investissement dans la construction neuve a évolué dans la direction opposée, reculant d’environ 1,5 %, de 22,49 milliards à 22,16 milliards de dollars.
L’écart est plus marqué lorsqu’on distingue les types de logements. L’investissement dans la construction neuve de logements individuels a diminué de 8,6 %, passant de 6,71 milliards à 6,13 milliards de dollars. Parallèlement, les dépenses de rénovation des logements individuels ont augmenté de 23,4 %, atteignant 15,20 milliards de dollars, comparativement à 12,32 milliards un an plus tôt.
Les dépenses de rénovation des logements individuels atteignent ainsi près de deux fois et demie le niveau des investissements dans la construction neuve. Pour les entrepreneurs, fournisseurs et fabricants qui desservent le marché des maisons individuelles, ces chiffres indiquent que des sommes nettement plus importantes sont investies dans le parc de logements existants que dans les nouvelles unités.
La construction de logements multiples continue d’afficher la tendance inverse. L’investissement dans la construction neuve a augmenté modestement de 1,5 %, pour atteindre 16,02 milliards de dollars, contre 15,78 milliards. Les dépenses de rénovation ont également progressé, en hausse de 12,3 % à 8,08 milliards de dollars, mais sont demeurées bien inférieures aux sommes investies dans la construction neuve de logements multiples.
Aperçu provincial

Les données provinciales montrent que le virage vers la rénovation est inégal d’une région à l’autre.
Le Québec a enregistré l’une des plus fortes variations, l’investissement en rénovation passant de 4,81 milliards à 7,79 milliards de dollars, soit une hausse d’environ 62 %. La construction neuve a également progressé, augmentant d’environ 12 % pour atteindre 4,82 milliards de dollars.
Le marché combiné du Manitoba et de la Saskatchewan a lui aussi connu une forte progression. L’investissement dans la construction neuve a augmenté d’environ 31 %, pour atteindre 1,25 milliard de dollars, tandis que l’investissement en rénovation a bondi d’environ 74 %, à 1,98 milliard.
La Colombie-Britannique a affiché une situation plus stable du côté de la construction neuve. L’investissement dans ce segment a progressé d’environ 2 %, pour atteindre 4,72 milliards de dollars, tandis que les rénovations ont augmenté de 23 %, à 3,07 milliards.
L’Ontario a présenté un portrait différent. L’investissement dans la construction neuve a reculé de 11,2 %, passant de 7,56 milliards à 6,72 milliards de dollars, tandis que les dépenses en rénovation ont augmenté de 5,9 %, pour atteindre 7,98 milliards. L’investissement en rénovation a donc dépassé celui consacré à la construction neuve dans la province au cours de la période.
L’Alberta et le Canada atlantique ont constitué les principales exceptions à la tendance générale à la hausse des rénovations. En Alberta, l’investissement dans la construction neuve a diminué d’environ 9 %, pour s’établir à 3,49 milliards de dollars, tandis que les dépenses en rénovation ont chuté de près de 50 %, à 880 millions. Dans le Canada atlantique, la construction neuve a reculé d’environ 10 % et les rénovations d’environ 19 %.
Les chiffres témoignent d’un marché de la construction résidentielle dans lequel une part croissante des investissements est consacrée aux logements existants, particulièrement dans le segment des logements individuels. Les résultats provinciaux demeurent toutefois très contrastés : la forte croissance des rénovations au Québec, au Manitoba et en Saskatchewan est contrebalancée par des baisses importantes en Alberta et dans le Canada atlantique.
Tyler Holt est rédacteur en chef du magazine Wood Industry / Le monde du bois. Titulaire d’une maîtrise en littérature et en édition, il possède plusieurs années d’expérience dans les secteurs de l’édition et des médias numériques. Ses travaux portent principalement sur l’incidence des technologies numériques sur la production industrielle et en réseau.