Le bois et l’économie circulaire

Naturally Wood

Le secteur de la construction de la Colombie-Britannique est en train de boucler la boucle et de réfléchir différemment à l’impact environnemental des matériaux qu’il utilise. Il cherche des moyens de passer d’une approche « prendre-faire-déposer » à une économie plus circulaire. Une économie qui considère les matériaux de construction au-delà de leur fin de vie. Lorsqu’ils sont conçus dans cette optique, les bâtiments, comme les processus biologiques, peuvent avoir un cycle de vie plus régénérateur. Et naturellement, les produits renouvelables, comme le bois, ont un rôle essentiel à jouer dans cette évolution vers une conception plus durable.

Qu’est-ce qu’une économie circulaire ?

L’année prochaine, lorsque treize nouveaux propriétaires emménageront dans leur maison en rangée dans le quartier Mount Pleasant de Vancouver, ils feront partie de l’économie circulaire.

Baptisé Turners Dairy, le projet consiste en une réutilisation adaptative de deux bâtiments centenaires à ossature de bois qui ont évolué d’une laiterie à d’autres utilisations industrielles telles qu’une fabrique de bagages, une maison d’édition, une fabrique de bougies et un entrepôt de meubles. Un troisième bâtiment a été déconstruit, ce qui a permis de récupérer les grandes poutres en sapin de Douglas, très recherchées. Le bois ancien récupéré offre une esthétique magnifique et durable à grain serré. Selon une étude, il contient 12 fois moins d’énergie intrinsèque que le bois nouvellement fabriqué.

Les entreprises à l’origine de ces efforts de récupération, Unbuilders et Heritage Lumber, font une percée dans l’économie circulaire.

Unbuilders, comme son nom l’indique, démonte les bâtiments en bois pour minimiser les déchets. Sa société sœur, Heritage Lumber, est un courtier en bois de récupération spécialisé dans les vieux sapins de Douglas et les cèdres rouges de l’Ouest récupérés dans de vieux bâtiments, granges et structures.

Corneil est un exemple du nombre croissant d’entrepreneurs conscients de l’environnement dans la province qui cherchent à changer la façon dont nous construisons et déconstruisons nos bâtiments. Ils veulent que l’on passe à des méthodes plus régénératrices et moins gaspilleuses, qu’il s’agisse de maisons unifamiliales, de projets multifamiliaux ou même de grandes infrastructures publiques et commerciales. 

Mais que signifie exactement le terme « économie circulaire » ? Bien que les principes ne soient pas nouveaux, l’époque reflète un élan au sein de l’industrie pour relier les efforts de construction durable de manière plus transparente, selon Paul Shorthouse, un expert en développement économique. Il est à l’avant-garde de la promotion de l’économie verte et circulaire depuis plus de dix ans. Il est directeur général de Circular Economy Leadership Canada et a dirigé la réalisation du récent rapport intitulé Circular Economy & The Built Environment Sector in Canada. 

Quels sont les intrants et les extrants d’une économie circulaire ? 

« L’économie circulaire consiste à s’éloigner du modèle linéaire des intrants et des extrants. Il s’agit d’extraire les ressources brutes en tenant compte de l’ensemble du cycle de vie », a expliqué M. Shorthouse. « Il s’agit de réfléchir de manière plus régénératrice à la façon dont on peut construire des produits et des actifs pour qu’ils durent plus longtemps, soient plus durables et réparables au fil du temps. Cela garantit que nous tirons toute la valeur de ces ressources à la fin de leur vie. Il s’agit de boucler la boucle et de réintégrer les matériaux dans la chaîne d’approvisionnement pour une utilisation secondaire ou tertiaire. »

Appliqués au secteur de l’environnement bâti, les principes de l’économie régénérative permettent de réduire les déchets, de récupérer la valeur perdue et de réaliser de nouveaux avantages économiques, sociaux et environnementaux. Lors de la fabrication de produits de construction, cela signifie qu’il faut rechercher des intrants plus circulaires ayant un impact écologique moindre, tels que des matériaux naturellement renouvelables. En ce qui concerne les sorties, cela signifie maximiser les avantages et minimiser les effets négatifs des produits tout au long de leur durée de vie.

Le bois, le bambou, le chanvre, la paille et d’autres fibres agricoles sont des matériaux naturellement renouvelables, réutilisables et biodégradables. De ce point de vue, les produits naturellement renouvelables récoltés et fabriqués de manière durable s’inscrivent parfaitement dans l’économie circulaire. 

« Le bois offre des avantages considérables dans l’économie circulaire », explique M. Shorthouse. « Les produits en bois présentent un avantage environnemental du fait de leur capacité à séquestrer le carbone. Leur production ne nécessite pas une quantité énorme d’énergie : les arbres poussent grâce à la lumière du soleil et la fabrication peut être alimentée par de la biomasse renouvelable. En tant que matériau plus léger, il peut réduire les émissions dues au transport. Et la Colombie-Britannique a l’avantage de disposer d’un approvisionnement en produits du bois durables ici, chez elle. »

Et le bois de masse est une occasion de remplacer les sorties associées aux matériaux porteurs plus énergivores. 

« Le bois de masse peut être une alternative plus durable à une partie de l’acier et du béton qui entrent dans nos bâtiments », a ajouté M. Shorthouse. « Il est sûr, résistant au feu, et présente une résistance comparable. Il est plus léger et s’adapte au fil du temps. Les systèmes de construction en bois peuvent être démontés et remis à neuf assez facilement ou utilisés de différentes manières. Leur valeur peut être récupérée en fin de vie ».

Et les constructions en bois fabriquées en usine et avec précision peuvent mieux utiliser les ressources et réduire le nombre de livraisons sur un site de construction, diminuant ainsi les émissions globales des véhicules. Les chutes de bois peuvent être réutilisées ou utilisées comme bioénergie. 

Pour M. Shorthouse, compte tenu de l’énergie intrinsèque que représentent les déchets de construction et de démolition et des conséquences de l’élimination continue des matériaux, le caractère naturellement renouvelable du bois en fait un matériau de construction précieux pour un avenir à faible émission de carbone.

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