L’élan post-Omicron se poursuit au Canada

BDC

La pandémie n’est certes pas terminée, mais l’élan dont jouit l’économie canadienne depuis quelques mois est indéniable. Alors que les États-Unis faisaient face à une baisse de leur PIB au premier trimestre, le Canada était pour sa part en plein essor. C’est du moins ce que suggèrent les premières estimations de Statistique Canada et cette performance a probablement renforcé les convictions de la Banque du Canada d’adopter une politique monétaire beaucoup plus stricte.

Vers un premier trimestre au-delà des attentes

La croissance mensuelle du PIB s’est poursuivie en février avec un gain (+1,1 % par rapport à janvier) supérieur aux attentes. Il s’agit du neuvième mois consécutif d’augmentation au pays. La hausse prévue du PIB de 0,5 % en mars suggère une forte augmentation de l’activité économique pour le premier trimestre de 2022. Une hausse mensuelle de cette envergure laisse entrevoir une croissance annualisée de 5,6 %, ce qui est largement supérieur aux prévisions de 3,0 % de la Banque du Canada.

Le Canada serait donc un des rares pays à ne pas avoir révisé à la baisse sa croissance économique depuis l’invasion russe. Le pays bénéficie entre autres de la montée en flèche des prix de nombreuses ressources, puisque sa production de matières premières ressemble beaucoup à celle de la Russie.

Le boom de l’emploi est terminé

Les pénuries de main-d’œuvre pèsent de plus en plus sur le marché du travail. L’économie canadienne continue d’enregistrer des gains au chapitre de l’emploi, mais de façon marginale. Environ 15 000 nouveaux emplois ont été créés en avril. Le Canada a créé près de 965 000 nouveaux emplois au cours des douze derniers mois — la majorité étant à temps plein (65 % des nouveaux emplois). Le taux de travail à temps partiel involontaire est tombé à 15,7 % — le plus bas niveau jamais enregistré selon Statistique Canada. Avec un taux de chômage aussi bas que 5,2 % (encore en baisse par rapport au mois précédent), et faute de travailleurs pour pourvoir les postes disponibles, les gains d’emplois s’avéreront de plus en plus ardus dans les prochains mois.

Le taux directeur devrait atteindre 1,5 % en juin

Les nouvelles économiques demeurent encourageantes au Canada. L’activité économique a su résister avec force à Omicron et l’emploi poursuit son essor malgré les pénuries de main-d’œuvre. Mais voilà, les nouvelles sont peut-être trop encourageantes. La demande a encore pris le dessus sur les capacités de production du pays, en mars, hissant ainsi l’inflation à 6,7 %.

La Banque du Canada a entamé son cycle de resserrement monétaire le 2 mars dernier en relevant le taux directeur de 25 points de base. Il s’ensuivit une hausse deux fois plus importante le 13 avril, passant ainsi de 0,25 % à 1,0 % en à peine six semaines. On s’attend d’ailleurs à ce que le conseil des gouverneurs procède à un second relèvement de l’ordre de 50 points au 1er juin portant ainsi le taux à 1,50 % — seulement un quart de point en dessous de son niveau prépandémique.

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