L’enquête AWMAC donne un aperçu des impacts de COVID-19

Matthew Bradford

Les ébénistes canadiens ont traversé une période difficile. Et pourtant, la résilience de l’industrie persiste. Ce sont là quelques-unes des principales conclusions d’un rapport sur le pouls de l’industrie réalisé par l’Association des manufacturiers de menuiserie architecturale du Canada (AWMAC), au plus fort de la pandémie de COVID-19.

Le rapport est basé sur une enquête menée par l’AWMAC auprès de ses membres à la fin de l’année 2020. Il offre un aperçu de la façon dont les entreprises canadiennes de menuiserie se sont comportées au milieu d’une série de fermetures, de risques pour la sécurité et de problèmes de main-d’œuvre, tout en donnant un aperçu des attitudes pour la « post-pandémie » à venir.

Portes fermées

Peu de gens dans l’industrie sont sortis indemnes de la pandémie. La majorité des répondants de l’AWMAC (72,73 %) ont été directement touchés financièrement par les fermetures réglementées par le COVID-19 ou par l’économie de leur région. Beaucoup ont connu une réduction des ventes allant jusqu’à 50 %, des retards dans la chaîne d’approvisionnement, des ralentissements du travail et une diminution des projets d’entreprise dans les grands centres urbains comme Toronto.

« Un consensus s’est dégagé sur le fait que de nombreux projets et contrats ont été purement et simplement annulés, et de nombreux membres ont indiqué que d’autres licenciements étaient à venir en raison de l’effet d’entraînement que les fermetures ont (et continuent d’avoir) sur l’industrie du bois, » indique le rapport.

Des équipes plus légères

Il n’est guère surprenant que la crise du COVID ait eu un impact négatif sur la main-d’œuvre. Plus de la moitié des personnes interrogées (56,88 %) ont dû licencier du personnel pendant la crise. Ceux qui ont connu une baisse de leurs effectifs ont déclaré qu’ils ont réussi à faire face à la demande en travaillant de manière « plus légère » et « plus intelligente ». Il est intéressant de noter qu’une minorité de personnes interrogées ont déclaré ne pas avoir été affectées par une légère réduction des effectifs.

Le stress de la chaîne d’approvisionnement

L’industrie du bois ne connaît que trop bien la récente crise mondiale de la chaîne d’approvisionnement. Au plus fort de la pandémie, 58,14 % des membres de l’AWMAC ont dû faire face à des délais de livraison plus longs, à des pénuries de bois et de métal, à une augmentation du coût des matériaux, à des fermetures d’usines et à des délais de livraison plus longs pour les produits d’outre-mer, entre autres défis qui continuent de toucher toutes les industries.

La sécurité avant tout

Le rapport de l’AWMAC souligne l’importance accordée par l’industrie à la santé et à la sécurité des travailleurs. De nombreuses mesures ont été prises en 2020, notamment l’obligation de porter un masque (lorsqu’on se lève du bureau), le fractionnement des quarts de travail pour favoriser la distanciation sociale, l’amélioration des procédures de nettoyage et de désinfection, les dépistages COVID hebdomadaires et les modalités de travail à distance. En outre, plus de la moitié des entreprises ont mis en place de nouvelles mesures de sécurité à mesure que le nombre de cas augmentait. En conséquence, 83,91 % des entreprises ont déclaré qu’aucun de leurs employés n’avait quitté l’entreprise pour des raisons de sécurité.

L’apport d’équipements de protection individuelle (EPI) supplémentaires dans les ateliers était une autre priorité. Et bien que cela représente une dépense supplémentaire, 80,46 % des chefs d’atelier ont déclaré que cet achat ne représentait pas une charge importante pour leur entreprise. Toutefois, 19,54 % d’entre eux ont déclaré que le coût était un peu élevé.

Soutien du gouvernement

Les menuisiers canadiens n’étaient pas les seuls à se battre pour le COVID-19. Et comme de nombreuses industries, les membres de l’AWMAC ont fait appel aux programmes de soutien du gouvernement fédéral pour atténuer leurs pertes financières. Selon l’enquête, 62,79 % des membres de l’AWMAC ont participé au programme canadien de subventions salariales d’urgence (SSE).

Lorsqu’on leur a demandé comment des organisations comme AWMAC peuvent soutenir les entreprises du secteur du bois pendant la pandémie et dans les jours à venir, les répondants ont fait quelques suggestions. Ils ont mentionné le besoin d’une communication continue, de mises à jour constantes de l’industrie, de soutiens continus pour créer des lieux de travail plus sûrs et la possibilité de se connecter avec d’autres personnes de l’industrie pour partager les succès, les leçons apprises et les meilleures pratiques.

« Dans l’ensemble, les membres ont indiqué qu’ils étaient satisfaits d’AWMAC et qu’il était important que l’industrie se serre les coudes en cette période de crise, » conclut le rapport.

Le dernier pouls de l’industrie d’AWMAC dépeint une période difficile pour les travailleurs du bois, mais une période au cours de laquelle les stratégies de santé et de sécurité, les soutiens externes et la résilience de l’industrie ont aidé beaucoup de gens à garder le cap.

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