L’Union des charpentiers travaillera avec les communautés autochtones du Nord de l’Ontario

L’Union des Charpentiers souhaite travailler avec les communautés Premières Nations afin de trouver de nouveaux travailleurs qualifiés pour combler des postes vacants. Ces communautés sont actuellement sous-représentées dans les métiers du bâtiment.

Pour expliquer cette absence, Gilles Bisson, spécialiste de la sensibilisation au Carpenters’ District Council of Ontario (CDCO), et ancien député néo-démocrate de la circonscription de Timmins, déclare : «  Normalement, les entreprises ne veulent pas faire la formation pour les métiers spécialisés.  »

Selon M. Bisson, la solution consiste d’abord à s’assurer que les jeunes Autochtones reçoivent la formation requise en matière de sécurité avant de se rendre sur les chantiers. L’Union des Charpentiers est prête à s’occuper de cette formation, qui comprend les certifications en matière de santé et de sécurité au travail. M. Bisson ajoute que le CDCO est, à sa connaissance, la seule organisation à la proposer.

«  Il n’y a jamais eu de meilleur moment pour que les jeunes se joignent aux métiers – de nombreux travailleurs plus âgés prennent leur retraite et tous les niveaux de gouvernement investissent dans des infrastructures cruciales en matière de soins de santé, d’éducation, de transport en commun et dans de grands projets comme l’hydroélectricité et le Cercle de feu dans le Nord. Les perspectives n’ont jamais été aussi bonnes « .

Après un certain nombre d’heures passées à travailler dans le métier, M. Bisson dit que  » si [ces jeunes] pensent que c’est ce qu’ils veulent continuer à faire, ils peuvent alors s’intégrer à notre programme d’apprentissage « .

M. Bisson, qui participe à la politique des Premières nations depuis 30 ans dans le Nord, félicite le syndicat des charpentiers d’avoir saisi l’occasion d’établir des liens avec les peuples des Premières nations pour aider à combler le manque de formation ; historiquement, de nombreuses entreprises ont négligé les Premières nations.

Jusqu’à présent cette année, la section locale 1669 de l’Union des Charpentiers a organisé deux cohortes d’un cours de préapprentissage de 10 semaines en charpenterie pour les Premières nations, avec les Anishinabek Employment and Training Services (AETS).

Selon John DeGiacomo, directeur exécutif de l’AETS, environ 70 % des étudiants qui terminent ce cours passent à un stage subventionné de 12 semaines, ce qui permet aux employeurs de voir s’ils conviennent à leur entreprise.

Sur le terrain, les emplois vont du travail sur de grands projets institutionnels à la rénovation d’ensembles commerciaux et résidentiels.

Pat Chilton, PDG de Five Nations Energy Incorporated, explique que l’une des raisons pour lesquelles de nombreux jeunes des Premières Nations ne suivent pas de formation est qu’ils ne peuvent pas assumer le coût du logement (s’il est même disponible) et les autres dépenses dans une ville éloignée de leur domicile. De nombreux autochtones issus de communautés éloignées ont également du mal à s’adapter au changement de culture dans les villes, et peuvent se heurter à des obstacles tels que le racisme.

Il ajoute que de nombreux jeunes qui voient qu’un emploi chez un entrepreneur autochtone les attend sont plus susceptibles de suivre la formation, en partie parce qu’ils ont moins de chances d’être confrontés au racisme sur le chantier. Les exonérations fiscales sont une autre raison pour laquelle ils choisissent de travailler avec des entrepreneurs des Premières nations.

Sol Mamakwa, député provincial de Kiiwetinoong (Sioux Lookout), dit qu’il voit surtout des équipes non autochtones sur les grands projets de construction dans le Nord, même si ces projets se trouvent près des communautés des Premières Nations, où se trouvent beaucoup de jeunes qui pourraient être formés pour faire le travail.

Il est essentiel que des organisations comme l’Union des Charpentiers s’adressent aux dirigeants des communautés des Premières Nations et aux organismes d’emploi, car ils ont une idée plus précise de la jeune main-d’œuvre potentielle dans laquelle ils peuvent puiser, note M. Mamakwa.

 

Vous aimerez peut-être aussi