Qualité de l’emploi au Canada

Statistique Canada

Les conditions de travail sont en constante évolution et sont affectées par de multiples facteurs, notamment le développement de nouvelles technologies, les pratiques commerciales et les conditions macroéconomiques. De plus, la pandémie de COVID-19 a créé des risques inconnus pour certains travailleurs, comme l’exposition à d’autres facteurs de risque pour la santé mentale et physique. Pour de nombreux employeurs confrontés à un nombre record de postes vacants, l’amélioration de la qualité de l’emploi est devenue un élément essentiel des stratégies de recrutement et de maintien en poste des travailleurs.

Pour répondre à ce besoin, Statistique Canada a publié La qualité de l’emploi au Canada, une publication fondée sur le cadre international du Groupe d’experts sur la qualité de l’emploi de la Commission économique des Nations Unies pour l’Europe (CEE-ONU). La publication vise à aider les Canadiens à comprendre et à surveiller l’évolution de l’emploi et des conditions d’emploi et présente des données et plusieurs courts articles sur différents indicateurs de la qualité de l’emploi. 

La proportion de salariés à faible rémunération est plus élevée chez les jeunes et les femmes

La proportion de salariés faiblement rémunérés est un indicateur clé de la qualité de l’emploi dans le cadre de la dimension « revenus et avantages ». Le cadre de la CEE-ONU pour la qualité de l’emploi définit le seuil de faible rémunération comme un salaire horaire inférieur aux deux tiers du salaire horaire médian (avant impôts et autres déductions). Cet indicateur d’équité salariale donne un aperçu des personnes potentiellement exposées à des difficultés économiques.

En 2021, 20,1 % des employés avaient une rémunération horaire inférieure au seuil de faible rémunération de 17,33 $. Les bas salaires étaient plus fréquents parmi les employés à temps partiel et les jeunes employés âgés de 15 à 24 ans. En outre, la proportion de femmes (23,2 %) gagnant moins que le seuil de faible rémunération était plus élevée que celle des hommes (17,1 %). 

Le début de la pandémie en mars 2020 a entraîné un changement soudain dans la répartition de l’emploi par niveau de salaire en raison de la concentration des pertes d’emploi parmi les employés les moins bien rémunérés. Ce changement a persisté et, en 2021, la proportion de salariés à bas salaire est restée proche de son niveau le plus bas depuis la fin des années 1990, lorsque les données sur les salaires sont devenues disponibles pour la première fois dans l’enquête sur les forces de travail (EFT).

La couverture de la négociation collective a diminué au cours des deux dernières décennies

Dans le cadre de la qualité de l’emploi de la CEE, la dimension du dialogue social couvre les relations entre les organisations et les employés sur une base collective. Un indicateur commun est la couverture de la négociation collective, car les employés couverts par la négociation collective bénéficient de plus de protections et de salaires plus élevés en moyenne que les employés qui ne sont pas couverts. La proportion de salariés couverts par des conventions collectives a diminué en 20 ans, passant de 33,7 % en 1997 à 30,9 % en 2021. Cette baisse est due en grande partie à une diminution de la couverture dans le secteur privé.

Moins de salariés handicapés déclarent avoir des collègues qui les soutiennent souvent

L’examen des relations liées à l’emploi est également essentiel pour comprendre la qualité de l’emploi. La nature des relations entre les managers et les employés ou entre collègues en sont des exemples. En 2016, selon les résultats de l’enquête sociale générale, 78,5 % des salariés ont déclaré avoir des collègues qui les aident et les soutiennent souvent ou toujours. Dans le même temps, le fait d’avoir des collègues qui les soutiennent était moins fréquent pour les employés ayant un handicap (73,0 %).

Certains aspects de la qualité de l’emploi se sont améliorés au cours des dernières décennies, comme en témoigne la diminution de la part des salariés à bas salaire, de la proportion de travailleurs effectuant de très longues heures et de la couverture des négociations collectives. Par ailleurs, des disparités existent également entre différents groupes au sein du marché du travail. Certains employés racisés sont moins bien payés, et les employés souffrant d’un handicap sont moins susceptibles d’avoir des collègues et des superviseurs qui les soutiennent.

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