Un aperçu des problèmes de main-d’œuvre au Canada

Matthew Bradford

C’est un marché de vendeur — en supposant que vous ayez les ressources nécessaires pour répondre à la demande actuelle. Et si la difficulté de se procurer des matériaux n’était pas un défi suffisant pour l’industrie du bois, les fabricants recherchent également des professionnels qualifiés capables de faire le travail.

Les travailleurs du bois ne sont pas les seuls à être à la recherche de talents. Selon Statistique Canada, le secteur manufacturier a connu 65 900 postes vacants au deuxième trimestre de 2021, soit le nombre le plus élevé depuis 2015. La pénurie de main-d’œuvre est également mise en évidence dans le rapport d’octobre 2021 de Manufacturiers et Exportateurs du Québec, intitulé Perspectives d’affaires et enquête sur la main-d’œuvre et les compétences des MEQ, dans lequel 77 % des 445 répondants de l’industrie manufacturière déclarent que leur plus grand défi est d’attirer et de conserver une main-d’œuvre de qualité.

« Notre enquête a confirmé ce que nous entendons depuis longtemps de la part des fabricants sur le terrain, » déclare Dennis Darby, président et chef de la direction de MEQ. « La demande de produits manufacturés est forte, mais nous sommes de plus en plus incapables de suivre, et encore moins de tirer parti de ce boom. Les pénuries de main-d’œuvre, les défis de la chaîne d’approvisionnement et la hausse des coûts des intrants sont de gros problèmes. »

Les impacts de la pénurie de main-d’œuvre sont difficiles à absorber. Dans la même étude de MEQ, près de la moitié des répondants déclarent avoir perdu des occasions ou payé des pénalités en raison de la pénurie de main-d’œuvre au cours des deux dernières années. Plus alarmant encore, un fabricant sur cinq explore l’idée de déplacer sa production hors des frontières du Canada.

« Si nous ne nous attaquons pas à ces problèmes, » prévient-il. « L’économie canadienne en souffrira. »

Reconstituer le réservoir de main-d’œuvre

La pénurie mondiale de talents est un défi complexe qui n’a pas de solution unique. Cela dit, l’une des stratégies les plus convenues consiste tout simplement à engager davantage de jeunes dans le domaine manufacturier. Conscients de ce fait, les MEQ se joignent à de nombreux employeurs du secteur manufacturier pour réclamer une plus grande promotion des carrières manufacturières auprès des jeunes et davantage d’efforts pour dissiper les idées fausses défavorables à l’industrie et soutenir les voies d’accès à l’emploi. Parallèlement, on s’entend de plus en plus pour dire que l’amélioration de la formation des travailleurs et la facilitation de la mobilité des talents — que ce soit au Canada ou au-delà des frontières internationales — peuvent également avoir un impact.

L’établissement de liens avec les groupes démographiques sous-utilisés est également une solution gagnante pour les Canadiens et le secteur manufacturier. À cette fin, des appels sont lancés pour que l’on redouble d’efforts afin d’attirer davantage de femmes, de nouveaux arrivants au Canada, de membres des communautés autochtones et d’autres personnes moins représentées dans le domaine.

L’assouplissement de la mobilité transfrontalière et interprovinciale est également une solution souvent citée, tout comme l’augmentation des investissements dans la formation des travailleurs. Toutefois, lorsqu’il s’agit de savoir ce qui peut faire la plus grande différence à court et à moyen terme, l’industrie s’accorde à dire que l’on peut faire davantage pour accueillir les talents étrangers dans les ateliers canadiens.

« Nous avons besoin que le gouvernement fédéral fasse un pas en avant et fixe des objectifs audacieux en matière d’immigration de classe économique », a déclaré M. Darby. « MEQ croit que nous devrions viser 500 000 immigrants de la catégorie économique par année à partir de 2030, ce qui représente plus du double de l’admission actuelle de cette catégorie d’immigration spécifique. Nous devons également rationaliser le programme des travailleurs étrangers temporaires afin qu’il puisse servir de soupape de dégagement aux pénuries de main-d’œuvre à court terme. »

« En fin de compte, poursuit-il, nous avons besoin de beaucoup plus de gens qui viennent au Canada pour pouvoir nous développer. »

Bien que cette étude récente prenne en compte tous les fabricants canadiens, les obstacles et les solutions à la pénurie de talents sont sans aucun doute relatables aux travailleurs du bois. Et comme la main-d’œuvre disponible continue de diminuer, toutes les idées sont sur la table.

Lisez le rapport complet de MEQ 2021 ici.

Matt Bradford est rédacteur, éditeur et collaborateur de longue date de MediaEdge, éditeur du magazine et du bulletin électronique Le monde du bois. Il a passé des années à faire des reportages sur les industries du bois et de la construction et apprécie l’opportunité de fournir des informations sur les succès, les défis et les opportunités de la communauté de la seconde transformation du bois.

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