Un Resto-Bar Montréalais Amplifie L’ambiance Japonaise

Pour le resto-bar Kinoya Izakaya, Jean de Lessard Designers Créatifs a choisi d’explorer l’orthogonalité et la verticalité de l’espace. La morphologie de l’étroit local de deux étages situé sur la rue Bishop à Montréal s’y prête parfaitement.

Le designer principal, Jean de Lessard, ne disposait pas d’un gros budget, il a donc joué avec imagination sur le volume de l’intérieur et ont réutilisé ou acheté des matériaux peu coûteux. Son entreprise avait travaillé avec le client à plusieurs reprises par le passé, notamment pour le même restaurant Kinoya en 2015, M. de Lessard avait donc de bons rapports.

« Nous avons en quelque sorte rapporté certaines idées que nous avions utilisées là-bas (tout en en introduisant de nouvelles), » dit-il.

Le rez-de-chaussée du restaurant occupe 1 500 pieds carrés, et 905 pieds carrés au premier étage. Les matériaux utilisés sont le bois de grange local, le béton, le métal, le vinyle, le carrelage existant, et la maçonnerie existante peinte en gris. La disposition des deux niveaux offre une expérience de restauration différente, dit M. de Lessard.

« Les clients peuvent aller au premier étage pour la première fois, puis au deuxième étage la fois suivante. Même au deuxième étage, ce n’est pas la même sensation partout. »

Si la fonction et l’esthétique sont dans la lignée du premier Kinoya, l’effet tunnel est cette fois amplifié, au rez-de-chaussée et au premier étage, grâce à l’assemblage de polygones qui dissimulent en partie la maçonnerie d’origine conservée pour son aspect brut et par souci d’économie de matériaux.

Empiétant sur les axes de circulation, les géométries en bois dictent un parcours en zigzag le long duquel s’organisent le mobilier de base et les plateformes. De plus, elles se déploient dans la cuisine remodelée au rez-de-chaussée et autour du comptoir du bar à l’étage, formant des coins et des recoins qui semblent confiner les convives tandis que l’alternance de matériaux de différentes opacités offre des points de vue ludiques.

L’élément clé du projet est un imposant échafaudage de grilles métalliques réalisées sur mesure. Cette stalagmite peinte en jaune qui s’élève jusqu’au sommet de l’étage cache l’escalier à la vue. Sa facture peu raffinée met en valeur la plasticité « brute » typique d’un izakaya (un bar japonais proposant des repas peu coûteux).

Selon M. de Lessard, la conception complexe de la structure métallique en grille a été sortie sur une imprimante 3-D pour vérifier sa mise en place dans l’espace avant d’envoyer les dessins détaillés à un fabricant de métal.

« Ils l’ont construit dans l’atelier et l’ont installé plus tard, » dit-il.

Les 50 000 autocollants qui ornent la structure ajoutent une note dynamique et irrévérencieuse, qui sied bien à un café miteux situé au bout d’une ruelle sombre.

« Le projet a probablement pris environ quatre mois, » dit M. de Lessard, notant que la pandémie a frappé en cours de route. « Il aurait aimé ouvrir, mais il était content de l’ambiance ».

Partiellement caché de la rue, le restaurant fait face à un défi naturel pour attirer les clients, dont beaucoup sont d’origine asiatique du centre-ville. Mais lorsque M. de Lessard s’y est rendu avec quelques amis un soir depuis la rénovation, l’endroit était bondé.

« Comme tout restaurant, il faut qu’il soit ouvert pendant quelques mois avant que les gens connaissent l’espace et qu’ils y aillent », dit-il. « C’est un bon repas, donc le restaurant survivra probablement à la pandémie. C’est un moment bizarre de l’année, voire du siècle ».

 

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