Protéger votre entreprise contre les cybermenaces
Les cybermenaces sont plus sophistiquées que jamais, et l’industrie de la construction n’y échappe pas. Alors que les entreprises concentrent leurs efforts sur les chantiers physiques, les cybercriminels exploitent les vulnérabilités numériques des logiciels de gestion de projets, des appareils de l’Internet des objets (IdO) et des outils infonuagiques. Des attaques par rançongiciel à la fraude financière, les entreprises qui traitent des données de projet sensibles et des transactions de grande valeur constituent des cibles de choix.
De nombreuses entreprises croient à tort qu’elles ne sont pas à risque, pensant que les cybercriminels ciblent surtout des secteurs comme la finance ou les soins de santé. Or, les pirates informatiques reconnaissent la valeur des entreprises de construction et de fabrication en raison des multiples points d’accès à des renseignements critiques. Les tentatives d’hameçonnage — dans lesquelles des fraudeurs envoient des courriels en se faisant passer pour des contacts de confiance — sont de plus en plus personnalisées afin d’inciter les employés à divulguer leurs identifiants, à transférer des fonds ou à télécharger des logiciels malveillants. Les attaques par rançongiciel peuvent bloquer l’accès aux fichiers de projet, les criminels exigeant ensuite un paiement pour restaurer les données. Même lorsque la rançon est payée, la récupération des données n’est toutefois pas garantie. Les fournisseurs tiers dont les mesures de sécurité sont moins robustes peuvent également créer des vulnérabilités et permettre aux cybercriminels d’accéder à des données financières et de projet confidentielles. La fraude à la facturation constitue une autre menace croissante : des attaquants manipulent les communications afin de détourner d’importantes transactions vers des comptes non autorisés.
Les conséquences d’un cyberincident peuvent être graves : retards de projets, pertes financières, amendes réglementaires et atteinte à la réputation. Une attaque d’hameçonnage compromettant le système de messagerie d’une entreprise pourrait permettre à des fraudeurs de modifier les renseignements figurant sur des factures et de détourner ainsi des paiements destinés à des sous-traitants. Une attaque par rançongiciel pourrait paralyser les activités, entraînant des interruptions coûteuses et des conséquences juridiques. Une fuite de données provenant d’un fournisseur pourrait exposer des plans de projet sensibles ou des dossiers d’employés, suscitant l’attention des autorités réglementaires et d’éventuelles poursuites. Ces risques démontrent la nécessité de mettre en place à la fois des mesures de sécurité proactives et une assurance cyberrisques.
Réduire les cyberrisques dans le secteur de la construction
Une stratégie de cybersécurité efficace repose sur une gestion proactive des risques, la formation des employés et une couverture d’assurance complète. Les entreprises doivent évaluer régulièrement leurs vulnérabilités, surveiller les nouvelles menaces et mettre en œuvre les pratiques exemplaires en matière de sécurité. L’authentification multifacteur (AMF) renforce la protection en exigeant plusieurs étapes de vérification, tandis que des sauvegardes régulières permettent de sécuriser les renseignements essentiels et de les récupérer en cas d’attaque. Des mesures rigoureuses de sécurité des terminaux et des réseaux — notamment des pare-feu, des logiciels antivirus et le chiffrement — contribuent à prévenir les accès non autorisés.
L’erreur humaine demeure l’un des principaux risques en matière de cybersécurité. Former les employés à reconnaître les tentatives d’hameçonnage et les courriels frauduleux réduit considérablement l’exposition aux cyberattaques. À mesure que les menaces gagnent en sophistication, la formation du personnel doit constituer un effort continu plutôt qu’une initiative ponctuelle.
Même avec de solides mesures de sécurité, aucun système n’est entièrement à l’abri d’un cyberincident, ce qui fait de l’assurance cyberrisques un filet de sécurité essentiel. Une police bien structurée peut couvrir les frais juridiques, les amendes réglementaires, les enquêtes informatiques judiciaires, les pertes liées à l’interruption des activités et les dépenses de gestion de crise. Elle permet aux entreprises de se rétablir rapidement tout en réduisant au minimum les perturbations opérationnelles et les conséquences financières.
Un paysage de menaces en constante évolution
Les cyberattaques deviennent de plus en plus perfectionnées et font notamment appel à l’intelligence artificielle (IA) pour créer des courriels d’hameçonnage très convaincants, des vidéos hypertruquées et des stratagèmes frauduleux de plus en plus difficiles à détecter. L’utilisation généralisée des appareils mobiles sur les chantiers présente également des risques supplémentaires, puisque des téléphones et des tablettes compromis peuvent offrir aux attaquants un accès direct aux données de projet. Parallèlement, l’essor du rançongiciel en tant que service (Ransomware-as-a-Service ou RaaS) a rendu la cybercriminalité plus accessible, permettant même à des pirates peu expérimentés de lancer des attaques.
Malgré l’intensification de ces menaces, certaines entreprises de construction hésitent à investir dans une assurance cyberrisques en raison de certaines idées reçues. Beaucoup supposent que seules les grandes entreprises sont ciblées. En réalité, les petites et moyennes entreprises sont fréquemment victimes d’attaques en raison de défenses souvent moins robustes. Les cybercriminels privilégient les cibles faciles, et non uniquement les entreprises très connues. Une autre croyance répandue veut que les polices d’assurance cyberrisques donnent rarement lieu à une indemnisation. Pourtant, en 2025, les assureurs continuent d’offrir une couverture fiable pour les atteintes à la protection des données, les attaques par rançongiciel et les pertes liées à la fraude. Certaines entreprises croient également, à tort, que leur assurance responsabilité civile générale couvre les cyberincidents. Or, les polices traditionnelles excluent généralement les cyberrisques, ce qui rend essentielle une assurance spécialisée.
Au-delà de la protection financière, l’assurance cyberrisques contribue à renforcer la confiance des clients et à sécuriser les relations contractuelles. De nombreux propriétaires de projets et investisseurs exigent désormais une preuve d’assurance cyberrisques avant de faire affaire avec des fournisseurs, ce qui en fait un atout précieux pour décrocher des contrats.
Bâtir une entreprise cyberrésiliente
À mesure que les cybermenaces évoluent, les entreprises de construction doivent intégrer la cybersécurité à leur stratégie globale de gestion des risques. Anticiper les menaces, prévenir les incidents et s’assurer contre les pertes constituent des étapes essentielles pour protéger les activités et assurer la continuité des affaires. Investir dans la cybersécurité et l’assurance cyberrisques n’est plus facultatif : il s’agit désormais d’une nécessité pour assurer la résilience des entreprises dans un monde de plus en plus numérique.
Nikki Keith est directrice principale chez Wilson M. Beck Insurance Services, et Robyn Wilson est vice-présidente de l’entreprise. Pour obtenir de plus amples renseignements sur les risques cybernétiques ou les solutions d’assurance cyberrisques, visitez le site www.wmbeck.com.